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 Un cauchemar infini à Tamassint

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MessageSujet: Un cauchemar infini à Tamassint   Lun 28 Déc - 21:41

Cinq années après un dévastateur séisme, des milliers de familles vivent dans des tentes en attendant que le gouvernement marocain termine leurs maisons.


Mohamed Abarkani indique une fente énorme qui parcourt de part en part le plafond de son salon. La fissure se ramifie dans de petites stries, comme un liseron qui se tresse sur les poutres en bois du plafond. Le salon n'est plus utilisé depuis cinq ans, mais la plus absolue propreté et rangement règne dans la pièce. Là même chose vaut pour la modeste chambre à coucher, où la couverture remise avec soin sous le matelas fait penser que le lit avait été fait le même matin.


« Nous n'utilisons plus la maison, elle nous fait peur », explique Abarkani, qui à 68 ans parcourt encore deux ou trois fois par jour les six kilomètres qui séparent leur maison du centre de Tamassint. Sa femme se montre timide à la porte d'une petite pièce en pisé qu'Abarkani a construite près de la maison. Sous le plafond fissuré ils sont huit à vivre, entre grands-parents, enfants et petit-fils. « Depuis le tremblement de terre nous dormons tous là, dans ces deux pièces », dit-il en indiquant les bâtisses de boue et de paille.


Abarkani et sa famille font partie des milliers de personnes touchées par le tremblement de terre du 19 février 2004 qui a dévasté la région de Hoceima dans le Rif. Le séisme de 6,3 degrés sur l'échelle de Richter a pris 628 vies et plus de 15.000 personnes se sont retrouvées sans abri. La nature s'est acharnée sur les plus faibles, avec des maisons rurales en pisés, et a surpris en plein sommeil ses victimes, qui ont eu à attendre plusieurs heures, même des jours, pour une aide qui est arrivée tard et mal.


Cinq ans après, beaucoup de familles vivent encore dans des tentes en attendant que l'état leur termine les logements qui leur ont promis après le tremblement de terre. Certains se sont résignées et ont accepté leur misère. Mais à Tamassint la population entière s'est rebellé contre le laisser-aller et la corruption officielle et ils ont initié ce que certains nomment "la révolte de Tamassint", la lutte d'un village pour ses droits.


Une image d'Osama ben Laden découpé d'un périodique préside la petite terrasse du café. À Tamassint, il y a peu à faire autre que passer des heures avec un thé Lipton dans un de leur deux seuls établissements. Les rares qui possèdent des terres et qui ne sont pas inondées par les pluies, les travaillent avec des fèves, des amandes, sortent paitre les moutons ou, les plus chanceux, la vache. Ceux qui n'ont rien, paressent au centre du village.


« L'argent qui a été envoyé comme aide humanitaire n'est pas apparu par ici », critique Mohamed Malki qui, entre ses dents, assure que "ce pays est plein de maffieux". Le père de Malki, Ismael, est mort sous les décombres de sa maison cette nuit fatidique.


Selon un rapport qu'ont effectué plusieurs associations civiles de la région, plus de 240 millions d'euros ont été alloués au plan gouvernemental de soutien à la région, entre des contributions nationales et internationales. L'Espagne a fait don de 20 millions d'euros. Mais une partie de ces aides se sont volatilisées en chemin.


Des fonctionnaires corrompus


Les détails qu'offre le rapport sont dévastateurs puisqu'il raconte comment, quelques jours après le séisme, des fonctionnaires corrompus ont détourné des camions d'aide humanitaire qui se dirigeaient vers la région pour voler sa marchandise. Ou comment l'aide étrangère est arrivée dans la zone avant l'aide national, mais elle a été retenue par les autorités marocaines « sous le prétexte que les aides nationales étaient prioritaires ».


Sous la photo de l'infâme terroriste et à côté d'un écuissons du Barça, Hamid Yahyawi a accroché une affiche en rappelant une nouvelle marche de protestation à Hoceima, qui se trouve à 30 kilomètres. Ils demandent que l'on finisse de construire les logements promis. Yahyawi est le vice président de l'Association Tamassint pour le suivi des conséquences du tremblement de terre, le collectif qui s'est chargé de maintenir vivante la flamme de la protestation contre l'État.


Bien que les manifestations aient été réalisées, en général, dans un climat pacifique, la répression des forces de sécurité a été violente. Pour arrêter une marche organisée le 19 mai 2005, des milliers de policiers ont assiégé le village et ont arrêté des activistes. « Le village les a reçus avec des pierres », rappelle Yahyawi. Abarkani, entre autres, a été arrêté et « j'ai été enfermé dans une prison de Nador pendant un mois pour avoir réclamé ce qui est juste, une aide avec laquelle je puisse reconstruire ma maison et ma vie », assure le vieux monsieur.


Aujourd'hui, les manifestations sont rares et presque aucun médias local ne parle plus déjà d'eux, mais le village résiste. Et enterrée à présent la réponse improvisée et lente que le gouvernement a donnée dans les premiers jours après le tremblement de terre, les principaux litiges maintenant concernent le montant que l'administration a décidé de donner aux sinistrés. Les dédommagements oscillent entre 1.800 et 4.500 euro par famille touchée, cela dépend si la maison a été complètement détruite ou seulement endommagée.


Des rénovations insuffisantes


Beaucoup à Tamassint ont refusé d'accepter les aides. « L'argent n'est pas suffisant et l'expertise n'a pas été faite bien », assure Yahyawi, qui considère que beaucoup de maisons sont encore inhabitables et que les dédommagements ne peuvent pas être réglés avec de simples rénovations


Rachid Murabit, à 40 ans et il est boiteux depuis son enfance, il vit depuis cinq dans une cabane. Murabit est l'une des centaines de personnes qui sont restées sans aucun type d'aide. Il ne savait pas qu'il avait droit à un dédommagement donc il ne les a pas réclamés. Maintenant il est trop tard. Son handicap l'empêche de travailler et il vit de la charité de ses parents et amis.


Parmi ses voisins se trouve Hamida, 16 ans, qui continue à utiliser ce qui reste de sa maison pour mettre les ustensiles avec lesquels elle fait à manger. À la vue des visiteurs, sa mère se cache rapidement dans une petite pièce en pisé qui est resté miraculeusement debout et qui sert de chambre et de placard.


Mais Hamida, avec son chapeau de paille et sa veste de pyjama de Snoopy, ne se laisse pas intimider par quoi que ce soit, en dépit de son âge. « Ainsi on ne peut pas vivre, ce que tout le monde sait», se plaint elle pendant qu'elle jette à manger aux poules, qui courent dans les alentours.


  • Traduction de l'article du Mundo du 10.05.09 de PAULA ROSAS




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