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 Bruxelles débat de l’avenir du Rif

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MessageSujet: Bruxelles débat de l’avenir du Rif   Ven 12 Fév - 7:59

Plus de 130 personnes ont assisté à Bruxelles à la conférence sur l'avenir du Rif

Ce samedi (06/02/2010), près de 130 personnes ont assisté à un débat organisé par Agraw N’Arif (Regroupement Démocratique du Rif) à l’Espace Mrax à Bruxelles à propos de « l’avenir du Rif : autonomie ou régionalisation ? ». Le Rif (Arrif en langue berbère qui signifie « rivage » ou « bord ») est la région montagneuse située au nord ouest de Tamazgha.

La conférence, modérée par Saïd Amrani, a débuté par un exposé comparatif du chercheur Thibaud Wyngaard (ULB) détaillant les différentes étapes de la transformation institutionnelle du Royaume de Belgique d’un État unitaire en un État fédéral tout en détaillant le système belge de répartition des compétences. Concernant le Royaume du Maroc, deux points de vue ont été présentés : celui du docteur Abdel Ouhab Tadmouri qui prône une régionalisation « à la belge » face à la proposition de Slimane Bengarbi, membre de la « plate-forme pour l’autonomie du Rif », qui défend un projet d’autonomie du « Grand Rif ».

L’axe Fes-Casa-Rabat

« Avant la période de colonisation hispano-française, le Maroc n’a jamais été gouverné de manière centralisée, c’est un héritage établi conformément aux accords d’Aix-les-Bains, pendant la période coloniale. Ceux qui ont hérité du pouvoir ne représentent qu’une fraction du Mouvement de Libération Nationale issue de la région qui se détermine selon l’axe Fes-Casa-Rabat. Ce sont les élites politiques et économiques de cette région qui dominent aujourd’hui le Maroc », a expliqué Abdel Ouhab Tadmouri. D’après ce médecin de formation, le discours politique du pouvoir central sur le concept de régionalisation existe depuis 1960 mais ce n’est qu’une ruse ou une manoeuvre visant essentiellement à calmer les mouvements populaires et éviter la répétition d’événements tels que ceux qu’a connu le Rif en 1958-59. « Quand on parle de décentralisation au Maroc, il faut en réalité entendre recentralisation, redécoupage arbitraire, redécoupage sécuritaire et non processus de démocratisation. Le Maroc, actuellement, est beaucoup plus un État totalitaire qui ne dispose pas d’opposition politique et dont le programme est en fait celui du roi. Tout le monde cherche l’amitié du roi ».

La milice du hizb Istiqlal

Pour réformer le Maroc, le docteur Tadmouri propose la création d’un « État régional » qui s’étendrait sur 400 kilomètres de côtes, tant sur l’Atlantique que sur la méditerranée et reposant sur deux pôles économico-industriels : les ports de Tanger et Nador. Sur le plan des ressources humaines, il tient à préciser, en fin d’intervention, que « sur les 3.500.000 immigrés à l’étranger et surtout en Europe, 2.500.000 sont issus de la région Nord du Grand Rif ». A ce titre, « il serait opportun de rappeler que cette région est reconnue depuis 1921 (gouvernement du Rif) et que la nature du soulèvement populaire des années 1957, 58, 59, était déjà fondée sur des principes d’autodétermination du peuple Rif. Il s’en est suivi, comme vous le savez, des massacres et la mise à feu et à sang de la région. Cette répression féroce fut menée d’abord par la milice du hizb Istiqlal et ensuite intensifiée par le prince héritier de l’époque, le défunt roi Hassan II ».

Le pouvoir du makhzen

Dans un registre plus axé sur la spécificité culturelle du Rif incluant l’enclave espagnole de Melilla, Slimane Bengarbi a présenté en langue tamazight les grandes lignes du projet d’autonomie du Rif. Une autonomie qui, d’après lui, serait mise à mal par « de faux procès d’intention érigés par le pouvoir makhzenien [l'appareil étatique marocain] qui nous accuse de séparatisme quand notre identité rifaine s‘exprime et s‘affirme ». C’est pourquoi, le militant dénonce les « prétendues ouvertures » évoquées actuellement dans les autorités marocaines notamment en matière de promotion de la culture amazigh.

Ainsi, Slimane Belgarbi invite « tous les rifains du Nord du Maroc et d’Europe » à repenser l’avenir de leur région, sur plan culturel, politique et économique.

Il déplore aussi l’absence de mobilisation populaire qu’il explique par la peur de l’État central ou du makhzen. « La peur est une monnaie courante que le régime utilise pour freiner toute initiative citoyenne qui revendiquerait l’autonomie du Rif. Nous sommes traumatisés par l’influence négative du makhzen, on nous disait que quiconque oserait s’exprimer, risquerait de subir la torture comme s’asseoir sur une bouteille ». Le militant rifain critique l’ampleur de cette « paralysie » politique jusqu’au au sein de la communauté rifaine en Europe, une communauté qui s’abstiendrait de s’impliquer plus sérieusement dans les débats qui la concernent. «  La communauté est manipulée par certaines organisations qui poussent la jeunesse à se faire exploser pour satisfaire des causes n‘ayant rien à voir avec les intérêts du peuple Rif ». « Nous ne sommes pas Arabes, nous sommes des musulmans rifains », conclut-il.


Rédigé par Karim Adil - (PARLEMENTO – INDEPENDENT NEWS AGENCY)

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